Historique de l'Héliclub du beaujolais

L'héliclub a été fondé en février 1979 par Michel Billon, pilote avion depuis 1962 qui voyait rêveur le capitaine Fuhrman de la gendarmerie partir dans son Alouette 2.

Cela était tout à fait hors de portée d'un pilote privé de voler sur ces machines car il n'existait pas d'école et sauf à acheter un appareil et se
    

faire former par le fournisseur, il n'existait pas de solution. Le prix des machines rendait d'ailleurs prohibitif une telle éventualité pour un pilote moyennement fortuné, voire complètement fauché.

Le capitaine Fuhrman (depuis général) volant parfois sur le super 4 de l'aéroclub du Rhône n'était pas un inconnu pour Billon (Michel) qui put un jour négocier un vol avec lui, ce qui déclencha une vocation, laquelle dut attendre 12 ou 13 ans à se matérialiser.

En effet, un jour de 1976, Bernard Billon, également pilote avion téléphone à son frère et lui annonce qu'il a fait sa première heure de vol en hélico : Transair venait d'ouvrir une école de pilotage sur Hughes 300. Dans la minute qui suit MB prend contact avec Transair et fait son premier vol le lendemain.

Trois mois après les 2 frères sont brevetés, Bernard deux jours avant son aîné ce qui est un manque de courtoisie familiale. Cette période avait été intéressante : Transair n'avait pas encore bien organisé le côté pédagogique, et en trois mois nos deux pilotes n'eurent pas moins de 5 instructeurs. Si l'on tient compte du fait qu'il faut 5 heures de solo cela faisait 4 heures de vol par instructeur ! mais ceci avec d'EXCELLENTS résultats comme beaucoup le savent.

Les deux frères continuèrent à voler en louant les Hughes 300 à Transair,  suscitant l'envie de quelques uns de leurs camarades pilotes avions. Les choses auraient pu en rester là, si quelques temps plus tard, Transair n'avait pas arrêté son école de pilotage. Nos deux Billon se trouvèrent bien navrés et prenant contact avec quelques uns de leurs amis qui avaient témoigné de l'intérêt pour l'hélicoptère, un certain nombre d'entre eux se laissèrent tenter par la création d'un club.

Quelques temps après et mis en face des réalités financières, ce sont douze intrépides qui se réunirent pour se lancer dans l'aventure. Le premier problème était le choix de l'appareil. Il fut essentiellement motivé par le prix et les conditions consenties par le fournisseur qui se sentait sûr de vendre de nombreux hélicoptères dans la région Rhône Alpe si ce club démarrait. Il a été un peu déçu, mais nous avons malgré tout été de bons clients.

Le choix de l'appareil était une chose. Le choix de l'aéroport en était une autre. Les membres du club étant partagés entre Lyon et Villefranche, c'est finalement Villefranche qui fut choisi et le nom du club fut donc l'héliclub du Beaujolais.
    

Pour bien marquer cette appartenance à cette région, les réservoirs du premier Bell 47 furent marqués " Beaujolais 12° ", ce qui nous valut d'ailleurs un jour des remarques critiques de la gendarmerie de l'air à Vichy (où de toutes façons on ne boit pas de vin).

Par suite d'un accord avec le fournisseur qui nous garantissait l'aide d'un instructeur pendant 3 mois, au bout de cette période pratiquement tout le monde était breveté et cela coûta assez cher à M. Kudela car l'essentiel de la paie de ses instructeurs avait du être faites en heures supplémentaires.

Donc fin 78 les fondateurs putatifs se réunissaient et après décantation il n'en restait plus que douze. On a vu que le choix de l'appareil acheté s'est finalement porté sur le Bell 47 pour diverses raisons dont l'une devait être qu'il ressemblait un peu à l'Alouette 2.

Il fallait un président pour démarrer le club et le mauvais sort est tombé sur Michel Billon qui a beaucoup fait appel à la logistique de son entreprise pour le démarrage et c'est la raison pour laquelle en juin 2003 la comptabilité était encore tenue rue Descartes par M. Petit qui nous a bien servi pendant près de 25 ans

Notre appareil acheté à la société Gyrafrance est donc arrivé février 1979. Il était immatriculé F-BTSN, de couleur blanche et sortait de révision avec un plein potentiel cellule et moteur.

L'instruction des membres non brevetés débuta séance tenante tandis que les deux brevetés s'en donnaient à cœur joie quand l'appareil était disponible. Au bout de trois mois pratiquement tous les membres fondateurs avaient leur brevet en poche.

Les vols se poursuivaient allègrement et l'héliclub était extrêmement actif : une inauguration officielle eut lieu le avec la présence de tous les notables et corps constitués de la région, députés, gendarmes, maires etc… avec un magnifique buffet offert par Jean Paul Revillon et la fanfare de Charnay venue spontanément et récompensée par un baptême de l'air général des enfants des écoles - au frais de l'un des fondateurs car c'était la règle à l'époque de mettre facilement la main à sa poche.

Puis nos instructeurs fournis par Gyrafrance nous quittèrent, contrat terminé et l'ensemble des membres demanda à l'un d'entre eux de passer une qualification d'instructeur ce qui leur paraissait indispensable pour le club. La société Gyrafrance habilitée à l'époque pour faire effectuer des stages à cet effet fût demandée. Au terme de ce stage, celui qui est devenu notre vieil ami René Romet, le pape de l'hélicoptère de montagne (et d'ailleurs) voulut bien tester le candidat et ouvrir une longue période de collaboration avec le Rotor Club d'Annecy collaboration qui se matérialisa rapidement par l'organisation de la Première Coupe de France d'Hélicoptères qui réunit sur le terrain de Meythet en 1981 plus de 60 hélicoptères, ce qui ne s'était vu et encore que pour une opération militaire.

René Romet nous aida beaucoup en remettant en selle nos bons amis Alphonse Cadière, René Huschard, Meyer et autres qui vinrent nous aider à former de nouveaux pilotes car les fondateurs avaient décidé de s'ouvrir au vaste monde et d'accepter des candidats n'ayant pas investi au départ.

Et lors de la coupe de France d'hélicoptère, les fondateurs décidèrent de l'achat d'un second hélicoptère qui nous fut vendu par la firme Segaert de Poitiers que les scrupules n'étouffaient pas. Il s'agissait de nouveau d'un Bell 47 le F-B XY tandis que notre ami Révillon voyant tout l'intérêt que présentait l'hélicoptère pour sa société de travaux publics décidait d'acheter pour son compte un hélicoptère, également un Bell 47g2 le F-BTSM bien que n'étant pas encore pilote ! …ce qu'il renonça d'ailleurs à devenir étant trop pris par son travail et de ce fait il nous revendit quelques temps après le SM.

 L'Héliclub du Beaujolais avait ainsi 3 appareils....